De plus en plus mis en avant par les marques, notamment celles de la fast fashion, le bilan carbone, aussi appelé bilan GES (Gaz à Effet de Serre) semble être la nouvelle preuve d’engagement écologique en vogue. Il est pourtant complexe de comprendre ce qu’il se cache vraiment derrière cette notion. C’est pourquoi nous vous proposons de faire un petit debrief autour de ce terme « bilan carbone » pour mieux analyser l’engagement réel des différentes entreprises qui utilisent cet argument.

Le bilan carbone : définitions et enjeux

Le bilan GES, ou carbone, s’est imposé dans de nombreuses entreprises ces dernières années. En effet, depuis la loi Grenelle II de juillet 2010, il est devenu obligatoire pour beaucoup d’organisations et notamment pour les entreprises de plus de 500 salariés en France métropolitaine. Concrètement, cela signifie que tous les 4 ans ces entreprises sont dans l’obligation de réaliser un bilan carbone sinon elles écopent d’une sanction de 1 500 euros. Mais que retrouve-t-on dans ce bilan ?

L’enjeu d’un bilan GES est de déterminer la quantité de gaz à effet de serre qu’émet une organisation sur une période précise. Ce calcul est basé sur un outil de diagnostic créé par l’ADEME (l’Agence De l’Environnement et de la Maîtrise de l’Energie) dans le but de comprendre et d’analyser l’activité des organisations en termes d’émissions directes et indirectes de gaz à effet de serre. Le résultat de ce calcul est exprimé en tonnes équivalent CO2.

Les entreprises obligées de faire un bilan carbone ne sont bien entendu pas les seules à en faire. Chez Lemahieu par exemple nous effectuons un bilan chaque année. Cela a de multiples intérêts pour une organisation et pour les consommateurs. D’une part, cela permet de sensibiliser au réchauffement climatique mais aussi, et surtout, cela permet d’établir un plan d’actions afin de limiter les émissions de gaz à effet de serre.

Cependant, pour que cela soit efficace et pertinent, le bilan carbone devrait être calculé sur l’ensemble du cycle de vie des produits ou des services proposés par l’organisation mais c’est malheureusement rarement le cas.

Bilan carbone - Emissions de CO2
Des émissions à calculer sur l’ensemble de la chaîne de production

Scope 3 : indicateur le plus important et le plus négligé

L’analyse du bilan carbone est divisé en 3 périmètres (ou scopes) au sein desquels les émissions de gaz à effet de serre de l’organisation sont étudiées. Si l’on schématise le scope 1 est le périmètre le plus restreint alors que le scope 3 est le plus large et complet :

  • Scope 1 (niveau 1) : regroupe l’ensemble des émissions directes liées à la fabrication du produit ou du service. Par exemple, l’utilisation du pétrole ou encore la combustion d’un carburant.
  • Scope 2 (niveau 2). Il regroupe les émissions indirectes liées aux consommations énergétiques nécessaires à la fabrication du produit ou du service. On peut y inclure l’électricité par exemple.
  • Scope 3 (niveau 3). Il regroupe l’ensemble des autres émissions indirectes liées aux autres étapes que la fabrication du produit. C’est-à-dire au reste de son cycle de vie (avant et après sa fabrication). Ainsi, cela comprend l’approvisionnement des matières premières, le transport des matières, des salariés venant travailler mais également celui des clients venant acheter le produit, son utilisation, sa fin de vie, etc.
3 scopes à analyser pour un bilan carbone complet et honnête

Malheureusement, la loi n’oblige à prendre en compte que le scope 1 et 2, négligeant totalement le troisième qui est pourtant le plus gros émetteur de gaz à effet de serre. C’est également le scope le plus complexe à analyser. Il concerne l’ensemble des parties prenantes liées au produit : les fournisseurs, les prestataires, les employés et les clients.

Le bilan carbone chez lemahieu

Bien que nous soyons une entreprise avec un effectif nettement inférieur aux 500 employés requis, nous avons pris la décision d’établir un bilan carbone annuel. Cela dans une volonté de transparence et d’amélioration en accord avec nos valeurs. Dans ce bilan, nous faisons tout notre possible pour inclure de la manière la plus réaliste possible le scope 3. Sachant que notre production est entièrement effectuée dans nos ateliers, à l’exception de nos fournisseurs européens de fils et de nos teintureries françaises et belges, la traçabilité en amont est nécessairement plus aisée pour nous. De même, l’ensemble de nos partenaires commerciaux ont été choisis pour leur transparence, à l’image du Slip Français. Chez Lemahieu, le scope 3 représente 95% des gaz à effet de serre. Il est donc fondamental que chaque entreprise l’inclut dans son bilan pour avoir un réel aperçu des répercussions de sa production.

Parallèlement, nous mettons en œuvre de nombreuses actions pour diminuer nos émissions de gaz à effet de serre dans nos ateliers et bureaux. Cela passe notamment par des partenaires locaux, la réduction de nos déchets, la favorisation des modes de déplacement durables de nos employés par une prime à la mobilité douce et bien plus encore. Ce bilan nous aide à nous améliorer constamment afin de comprendre où nous pouvons encore faire mieux. Vous pouvez d’ailleurs retrouver l’ensemble de nos objectifs sur notre page consacrée à notre RSE.

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